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Laurent DAUPTAIN est né le 25 mars 1961. Diplômé de l'école des Beaux-Arts de Paris en 1981, des Arts Décoratifs en 1983, il obtient une maîtrise d'esthétique en 1984.
Depuis 1981, il n'a cessé d'exposer et de recevoir des distinctions.

PRESSE:

Le "DAILY NEWS" du 6 mai 2010 consacre un reportage à l'exposition de New york chez Axelle Fine Arts.

La revue MIROIR DE L'ART de mai 2010 publie un article sur l'exposition de Paris chez Claudine Legrand.

La revue "AZART"de septembre/octobre 2008 publie un important article sur les autoportraits de Laurent Dauptain.

Le numéro de "PRATIQUE DES ARTS" d'octobre / novembre 2008 lui consacre un reportage.

Le no 1 de la revue "VERNISSAGES" paru en juillet 2008 a également publié un papier sur Laurent Dauptain .

La revue "l'UNIVERS DES ARTS" no 138 (février 2009 ) consacre un article à l'exposition récente chez Claudine Legrand


IL expose en permanence

A la galerie Axelle Fine Arts de New-York. www.axelle.com

A la galerie Claudine Legrand
49, rue de Seine Paris 6e
www.galerielegrand.com

A la galerie Pierrick Touchefeu
2, rue Marguerite Renaudin à Sceaux (Hauts de Seine)
www.Pierricktouchefeu.com

A la galerie "Art du temps " à Cléon d'Andran dans la Drôme.
www.artdutemps-drome.com.

A la galerie Patricia Oranin à Pont l'Abbé, en Bretagne
www.galerie-patricia-oranin.com

A la galerie "Sens Intérieur" à Port Cogolin, dans le Var
www.sensinterieur.com

A la galerie "Samedi" à Montfort l'Amaury (Yvelines)


Article de Barry Paddock paru dans le Daily News du 5 mai 2010

Artist Laurent Dauptain is known for painting over 3000 self-portraits depicting his gradual aging.

Dorian Gray he's not.
Artist Laurent Dauptain has painted thousands of self-portraits over the past 25 years, capturing every new wrinkle, every new gray hair.
And the 49-year-old Frenchman says he'll do it until the day he dies.
"I don't have to worry about flattering somebody or hurting someone's ego," he said of his strange fixation.
Still, it took one of his most important critics - his wife of 13 years - a while to warm up to the project.
"At first I thought he was obsessed and crazy," admits Sylvie Dauptain, 46. "Now I understand."
"There's a lot of freedom," when you decide to make yourself your artistic subject, Laurent Dauptain said yesterday, shortly after arriving from Paris ahead of his exhibit in Chelsea.
It all started when, at age 20, Dauptain drew 12 self-portraits for a college assignment to imagine himself at different ages.
He was fascinated by the results, which depicted his face from age 15 to 95.
He set out on a mission to re-create the project in real time.
"That was the impetus," Dauptain said, speaking in his native French. "Now as the years go by I see myself aging, I see the reality."
"I'm about halfway there," he said of the 95 mark.
Dauptain uses mirrors and recent photographs to study his image as he puts oil paint on canvases, some as big as 4 by 6 feet.
"The self-portraits for me are like the sunflowers for Van Gogh," he said.
His latest portraits go on display tomorrow at Axelle Fine Arts in Chelsea at 535 W. 25th St.
"There's new lines on my face," he said of his most recent work. "There's some white hair on my beard."
It's all part of the artist's 50-painting show, which also includes landscapes and cityscapes.
But it's his portraits that leave art lovers most fascinated.
Gallery owner Bertrand Delacroix was captivated when he first saw the work a few years ago.
"I don't like to see myself in the mirror," Delacroix said, "so it's hard to imagine someone painting himself 3,000 times."


Article de Benoît Lalune à propos de l'exposition chez Claudine Legrand, dans le numéro de mai de "MIROIR DE L'ART de mai 2010:

LA PUISSANCE DE LA TOUCHE
Les autoportraits de Laurent Dauptain, vous les avez sans doute rencontrés dans tel ou tel magazine, sur telle ou telle foire d’art contemporain, dans telle ou telle galerie. Leur puissance expressive vous aura sûrement marqué, et vous n’êtes pas le seul, je vous rassure. Il est vrai qu’il joue de la couleur avec maestria pour imposer sur toute la surface de la toile son visage, et les changements qui s’y opèrent selon l’humeur ou la lumière. Impossible de rester indifférent à cette peinture à la touche volontaire. Mais l’œuvre de Laurent Dauptain ne se résume pas à une introspection cent fois répétée sur son propre cas. Un autre thème le hante, celui des paysages urbains, dans lesquels, il faut le souligner, il excelle de la même façon. La ville s’y révèle sous un voile de couleurs franches où les oppositions de tons contribuent à lui donner un aspect un peu fantomatique. Ombres et lueurs diffuses s’y marient habilement dans une atmosphère à la fois sereine et trouble, comme en attente, comme en souffrance.



Texte de présentation de l'exposition chez Axelle Fine Arts de New York:


Axelle Fine Arts Galerie is pleased to announce the opening reception of a solo exhibition featuring new works by Laurent Dauptain.
Most recognized for self-portraits, Dauptain presents his latest works of self-portraiture and landscapes. He constantly evolves his techniques by experimenting with brush stroke, texture, palette and attention to details. At times these compositions appear abstract, but upon closer examination, a face emerges. An explosion of brush strokes combine to create the facial features and define the quality of the contours. "This substantial quantity of [portrait work] sparks my curiosity instead of satisfying it and I have never ceased searching for what the next version will resemble. … It is a pretext for continuously searching for new solutions….[and] is at the heart of my work."
Taking great liberty with brush strokes, his landscapes and cityscapes are infused with a sense of movement echoing impressionism. His experience of life, his passion for his art, and the refinement of his techniques as well as pictorial mastery all combine offering incredibly complex works. "I devote myself to views of the coast and countryside as much as to more typical representations of towns, factories, roads, automobiles – scenes that constitute our daily environment, but still appear to me as a "field" to be discovered for the painters of today."


"Un art de marathonien"

Par Jean-Pierre Ghesquière


Le genre picturale de l'autoportrait est exigeant pour de nombreuses et très compréhensibles raisons, surtout pour qui se pose, à ce sujet, les questions basiques de rapport à soi-même et, de soi-même (ou de son double portraituré) au spectateur.
Exigeant, il l'est d'autant plus largement encore lorsque, comme Dauptain, on le pratique à temps complet. En effet, même si périodiquement il échappe à son obsessionnel face-à-face en brossant de vigoureux paysages, il y revient vite, comme happé par un secret mais inexorable besoin de se re-confronter à lui-même.
Dès ses années d'études, Dauptain a toujours pratiqué l'autoportrait, allant jusqu'au nu en pied. C'est depuis qu'il s'est attelé à une traduction très surdimensionnée de son visage, que son art a pris un vrai tournant. En même temps que grandissaient les formats des autoportraits, se mettait en place une nouvelle technique picturale, où le modelé du visage n'était plus dû aux variations, même outrées autour du "ton local", mais où intervenait, de plus en plus acive, osée, inattendue quoique toujours efficace dans le rendu final, toute la palette du spectre, utilisée dans la plus belle diversité de ses rapports et de ses apports. C'est donc un éclatement de touches qui préside à l'apparition des traits du visage et qui formule la qualité du modelé.
Dès lors oscillant sans cesse, dans une recherche expressive toujours tendue, entre une traduction approchant le formel et une abstractisation des traits parallèle à celle du traité pictural, Dauptain nous fait vivre (presque) au jour le jour la vision qu'il ressent ou subit de lui-même. Il nous la traduit avec un métier de peintre très abouti et maîtrisé, impeccable, au vrai sens du mot.
La confrontation au reflet de miroir où achoppe le peintre pour se mesurer à son image, Dauptain l'a récemment fait évoluer en la soumettant au biais de photographies qu'il prend de lui-même en en organisant la mise en scène lumineuse. Ce média l'a incité à introduire le fond sombre dans ses autoportraits, le miroir ne lui refletant, comme ambiance que l'une ou l'autre partie de son atelier qui ne pouvait intéresser efficacement le climat des oeuvres.
Cette manière "différée" de s'observer, outre qu'elle lui permet de fixer avec une attention accrue ses traits, lui a permis de faire évoluer son appréhension de lui-même. Alors que dans la neutralité des fonds clairs le visage s'évadait en s'estompant dans un vide; à présent il semble s'extraire d'un espace seulement envisagé mais existant, quoique non décrit. Ce qui lui donne une présence et une force nouvelle pour s'imposer dans le regard du spectateur. Il faut y ajouter que l'influence causée par ces fonds inspire aussi la variété des gammes de couleurs dans et par lesquelles les visages se retrouvent traités.
Vieillissement progressif du peintre au cours des années, affinement des techniques et de la maîtrise picturale, amour du métier et pression de son expérience de vie, vont de pair pour offrir au regard de l'amateur des oeuvres solides, d'une grande complexité, qui jamais ne lassent son attention, sa curiosité et sa sympathie.
L'art est motif à un dialogue constant entre un concepteur et son spectateur, Dauptain respecte remarquablement le contrat en ce qui le concerne.

octobre 2006



"Que voit-on dans un paysage urbain de Laurent Dauptain ?"

Par Jacques Rozenbaum

Ce qui frappe avant tout, c'est la lumière, forte sans être brutale, très vibrante dans les parties lumineuses du sujet, elle anime jusqu'aux zones d'ombres du tableau.

Ces ombres sont obtenues par l'application d'une matière fluide et transparente, tandis que les lumières naissent d'empâtements généreux. Dans les deux cas, on préssent que de nombreuses et patientes superpositions ont été nécessaires.

Ensuite, les touches très dynamiques, et très larges peuvent surprendre par leur apparente autonomie vis à vis des formes représentées, si bien qu'on est tenté de s'approcher du tableau, qui devient dès lors une oeuvre pouvant appartenir à l' « abstraction lyrique ». Mais en reprenant du recul le « réalisme » s'impose à nouveau et l'on se demande alors, par quelle magie ces deux tableaux coexistent.

Cette technique est aussi au service d'une utilisation très riche de la couleur. Souvent éclatante, elle baigne parfois tout le tableau. Dans d'autres cas, elle est placée par touches ponctuelles dans un contexte subtil de gris colorés. C'est ainsi qu'un rouge, un orange, un bleu, à la limite de la dissonance éclatent au détour d'un feu de signalisation, d'une lumière de projecteur, d'un panneau routier.

On admire aussi, l'utilisation agile de la construction de la "perspective linéaire" qui se conjugue à ce qu'on nomme "perspective atmosphérique " cette dernière, par la disposition de contrastes de valeurs de moins en moins marqués en fonction de l'éloignement, donne la sensation de profondeur.

Finalement, apparaît le sujet, routes, voie ferrés, villes qui sont le prétexte à ce plaisir de peindre . Il se dégage une impression d'étrangeté, à la limite du "surréel". L'ambiance est silencieuse, Le temps semble suspendu , pas une voiture ne roule et surtout curiosité suprême, jamais un être vivant n'est visible...  Pourtant des traces de vie subsistent, comme si cette ville, cette route avaient été, pour des raisons qu'on ne peut que supposer, précipitamment abandonnées.

On est alors saisi par la distance entre les deux mondes de Laurent Dauptain, celui des paysages dont l'homme a été chassé, et celui des autoportraits qui ne nous parlent que de "l'humain" sans décor, sans contexte. Mais cette opposition n'est-t-elle pas qu'apparence?

décembre 2008



« Au sujet de Laurent Dauptain »

par Jacques Rosenbaum

Ce qui fait la grande originalité de l’œuvre de Laurent Dauptain, c’est bien sûr la permanence de son sujet…

Déjà dans sa jeunesse, avant même d’entrer à l’école des Beaux-Arts, le peintre a trouvé son thème : l’autoportrait. A cette époque, à cet âge, cette « auto-représentation » pouvait s’inscrire dans une démarche ordinaire d’affirmation de soi. Par sa constance au fil des années, Dauptain lui a donné une portée bien plus grande où il atteint l’universel.


En 1981 (il a vingt ans), dans sa première exposition intitulée « autoportraits », on pouvait voir un ensemble de peintures mettant en scène, de façon théâtrale, le jeune homme dans un atelier sombre (comme ceux des Hollandais) souvent pourvu des attributs, voire des attitudes de l’artiste romantique. Il défiait le monde.
Dans une autre salle, à l’étage, on découvrait un étonnant ensemble de douze dessins où Dauptain s’ était représenté, nu, en douze séquences, de
l’adolescence à la grande vieillesse. Il avait appelé ce travail « vieillissement ». Il ignorait probablement qu’il présentait là la tâche de toute une vie, qu’ il y traçait son destin de peintre…

Car, en effet ce qui fait la force de l’ œuvre de cet artiste, (elle s’ étale déjà sur plus de vingt-cinq ans) c’ est plus que pour tout autre son développement au long des années, au long d‘une vie. La maturation d’un être humain s’y confond avec celle d’un travail de peintre. Ce que peint Dauptain, avec un dépouillement de plus en plus marqué, c’est en effet le portrait d’une existence. Il nous dit : « Je suis là, je suis vivant et je peins», stigmatisant et défiant ainsi la fragilité de la vie, sa destinée et finalement, notre destinée commune. L’art est ici, comme toujours, mais avec une force explicite, une adresse à la mort.

On est bien loin de toute démarche narcissique ou égocentrique…

Cette répétition d’un sujet toujours identique serait bien vaine si elle aboutissait a des tableaux semblables mais il n’ en est rien. Pourtant Dauptain ces dernières années a limité beaucoup les variantes en se représentant le plus souvent strictement de face et avec un cadrage très serré. Le résultat est une série d’une variété surprenante qui nous fait découvrir que le nombre de versions d’un même portrait est infini tout comme la génétique nous indique que le mariage de deux cellules donne un résultat toujours unique et donc impossible à reproduire exactement.
Cela constitue sans doute un moteur pour l’artiste et justifie ainsi, si c’était nécessaire, cet éternel recommencement.

Mais les grands artistes ne tentent pas de battre des records pas plus qu’ ils ne cherchent la nouveauté pour elle-même.
Le travail de Dauptain s’enracine dans la nuit des temps.
Le portrait existe depuis l’apparition de l’humanité, depuis que le dessin ou la peinture existent. Les simples empreintes de mains trouvées sur les parois des grottes préhistoriques ne sont-ils pas en quelque sorte des autoportraits ?

On trouverait dans certaines œuvres des post-impressionnistes, par exemple chez Vuillard ou chez Bonnard, des visages rendus par une traduction de la lumière, un traitement de la touche, qui peuvent faire penser à certains autoportraits récents de Dauptain.
En appliquant des principes similaires sur des formats très importants - des « têtes » qui peuvent mesurer jusqu’à deux mètres de haut -, Laurent Dauptain a repris à son compte cette décomposition et recomposition de la forme par la lumière. Il a extrapolé cette approche par le changement d’échelle qui l’oblige à trouver un nombre infini de nuances pour chaque centimètre carré de peau. Il creuse, fouille, fragmente et restitue finalement ce visage sans en citer les détails mais avec une profondeur et une vérité que la photo malgré sa précision, ne rend pas.

En effet apparaît sur la toile un enchevêtrement de formes, une subtile superposition de taches colorées tantôt grasses, tantôt fluides qui font le délice des amateurs de « belles matières », le régal de ceux qui sont sensibles au raffinement de la couleur. Le visage s’en trouve «indéchiffrable» à proximité du tableau, d‘aucuns y ont vu des paysages.

Une conséquence inattendue de cette permanence du modèle concerne la recherche incessante d’une nouvelle manière. Ainsi, des variations s’insinuent d’une œuvre à l’autre, dans la couleur, la lumière, la touche, ou encore le nombre ou l’épaisseur des couches. Or, l’habitude est, chez la plupart des autres artistes, de faire varier leurs sujets mais peu leur manière.

Même si de prime abord, les autoportraits de Dauptain nous renvoient un visage, une observation prolongée nous révèle les jeux infinis de la peinture elle-même : beauté d’un glacis, délicatesse d’un frottis, effets aqueux comme dans une aquarelle …


Cette richesse technique, Dauptain la met aussi au service d’ autres sujets comme le portrait, bien sûr mais aussi, et c’est plus inattendu, les fleurs, parfois la nature morte et plus souvent, le paysage ( récemment beaucoup de marines).
On y retrouve un même sens de la lumière et cette capacité à produire finalement une image très réaliste à partir de taches abstraites, en ne fondant pratiquement jamais les couleurs entre elles, l’artiste se contentant de les superposer ou de les juxtaposer.


Depuis peu le visage a souvent disparu dans les autoportraits de Dauptain pour ne plus montrer qu’ un corps.
Simple évolution après tant de têtes dépourvues de corps ou même de cou? Il faudra suivre le devenir de l’ œuvre pour le déterminer.

Octobre 2004

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Laurent Dauptain

Au-delà de l’opposition figuration/abstraction, déjà périmée par la continuité de la réflexion sur l’art, nous en sommes à l’admission quasi unanime de la « Représentation » comme traduction des conflits entre l’univers intérieur de l’homme et la société, toujours à reconstruire.
C’est dans le courant de la peinture de représentation, qui n’a cessé d’être, traversant les modes plus ou moins éphémères, que se situe sans la moindre ambiguïté Laurent Dauptain, mais avec les atouts d’une forte personnalité qui le démarque résolument de l’exploitation de la simple imagerie de la vie.
Qu’il prenne pour sujet : paysages urbains, natures mortes ou autoportraits, il n’ a d’autre but que de représenter, par les moyens de l’art, les rapports complexes entre l’homme qu’il est, la vie telle qu’il la ressent, et les valeurs et faiblesses de son environnement tant physique que socioculturel.
Ce ne sont donc ni maisons, routes, ciels ou traits d’un visage qui le préoccupent comme éléments figuratifs en soi. Il s’agit d’agencements de structures, perçus comme autant de vecteurs de représentation. Comme résumés conjugables du monde et de son monde. Configurations formelles complexes, où la technique, le dessin, la couleur et l’agencement de la touche jouent les grands rôles. Ce, dans les limites ascétiques, anciennes mais toujours renouvelables, les deux dimensions de l’espace pictural, qu’il soit constitué de papier, de toile ou de bois.
Au-delà de l’intérêt qu’il peut susciter par lui-même, le sujet n’est jamais que prétexte à contenir, et à dire tout ce que le peintre ne peut exprimer que par son art. Surtout par ses autoportraits, Laurent Dauptain nous montre que, finalement, l’ artiste est le vrai sujet de son œuvre, quelle que soit la manière qu’il choisisse pour se communiquer.

Jean-Pierre Ghesquière 1999

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Laurent dauptain
Autoportraits image de l’âme
( texte publié dans le numéro de mars / avril 2006 de Artension )

Si une caractéristique de l’art du portrait est de sous-tendre et tenter de résoudre nombre de questions fondamentales sur l’être; la pratique de l’autoportrait crée une aire privilégiée pour les questions sur l’âme. Questions que l’artiste se pose sur lui- même, face à son miroir, et qu’il se voue à restituer par le truchement de valeurs plastiques et de moyens picturaux.

Le degré d’exigence qu’engendre cet exercice peu commun, réclame que celui qui s’y adonne ne se laisse pas piéger. Qu’il ne sombre pas dans une sotte et satisfaite contemplation de la seule surface physique de sa personne. Il réclame qu’il développe parallèlement des qualités d’objectivité mentale et de métier artistique, afin de communiquer le plus totalement possible le fond de ce qu’il ressent, sur le moment, dans l’exercice de son acte de confrontation à lui-même.

Les applications les plus pertinentes du dessin seront peu de choses, si elles ne se voient pas assistées, exaltées même, par une réelle et constante vigilance sur les résolutions formelles alliées à l’ emploi de la couleur, propres à servir l’unité de l’œuvre, et capables de donner clairement à lire la diversité intime de l’être, jusqu’en son âme
Laurent Dauptain possède à un très haut et subtil degré, l’ensemble de ces qualités. Nous en reconnaissons facilement l’empreinte dans chacun de ses autoportraits.
L’endurance qu’il déploie, depuis le début de sa carrière, à se consacrer à ce genre pictural éprouvant, aurait de bonne raisons de nous laisser quelque peu pantois. Il est vrai que cet unique sujet d’étude courrait le risque de stériliser son art, s’il n’ avait justement contribué à développer chez lui un souci constant de vérité et d’efficacité dans la traduction picturale. Si Dauptain n’avait, sans cesse, su remettre en question le sens de son approche de lui-même, avec suffisamment de distance et d’intransigeante vérité. Attitude qui transforme les œuvres qu’il produit en autant d’univers fortement individués qui restituent, avec probité, chacune des tentions psychologiques et spirituelles qui l’animent au moment où il se peint.

S’il existe un cheminement artistique original, mais sans la moindre affectation de l’être, c’est bien le sien. L’ensemble de ses autoportraits s’assimile à un journal intime, dans lequel celui qui le tient aurait le courage de tout dire, sans fard.

Une si prégnante implication des subtiles et intimes réalités humaines dans un processus de création picturale, ne laisse pas de surprendre en regard de l’équilibre que garde Dauptain. Des personnalités d’égal talent, mais moins solidement structurées, encourraient certainement le risque d’y laisser une part de leur raison.

Ce qui finalement sauve cette introspection, vécue au jour le jour, du naufrage, c’est qu’elle se change en actes de peinture pure. Que cette mue conditionne des démarches fécondes de communication artistique.

En ce temps où trop peu de gens acceptent encore d’avoir le courage de se regarder en face, Laurent Dauptain se pose en témoin de lui-même, en autoportrait de son œuvre, dans une parfaite harmonie et intelligence avec sa vocation de peintre.

Puisse la fréquentation de ses autoportraits nous induire à nous poser de saines questions sur la nature profonde et le rôle de l’art dans la société d’ aujourd’hui. Il ont la capacité d’y répondre, et, mais accessoirement, de nous porter, individuellement comme collectivement, à nous mieux connaître et accepter tels que nous sommes.


Jean-Pierre Ghesquière
texte pour l’exposition personnelle à la galerie des St Pères
Au printemps 2000


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Laurent Dauptain recommence inlassablement son autoportrait. Sa passion dans le miroir et sur la toile est de saisir l’acte même de peindre, dans la tension fondatrice. Sa personne elle-même n’est jamais qu’un modèle disponible et peu susceptible, emblème, pourquoi pas du genre humain. Sans souci du bien peint, il fait surgir ses traits à larges touches plates dans des coloris violemment expressionnistes, les arrachant aux jeux de la lumière plus qu’au dessin. Il se figure toujours dans la même position frontale, l’effet de répétition l’aidant à dérober au réel ses plus infimes variations.

Béatrice COMTE, 2000, Le Figaro Magazine.


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« Je ne crée pas, je dérobe », affirme Dauptain, déclinant sans fin devant le miroir son autoportrait. Net et reconnaissable à distance, le visage se fait, de près, vibration lumineuse sur paysage abstrait.

Béatrice COMTE, 2000, Le Figaro Magazine.

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Laurent Dauptain
Autoportraits, (exposition à la galerie des Saints-Pères)


C’ est une expérience insolite: accrocher une grande toile, un portrait de laurent Dauptain, de façon à ce qu’il soit visible de la rue, à travers la vitrine. Puis observer les passants
Tous s’ arrêtent, regardent, comme interpellés. Mais les réactions divergent. Regards curieux, intéressés ou choqués, regards novices, avisés ou experts, regards absorbés par la toile toujours, jamais indifférents.
Nous entendons ensuite fuser les commentaires et qualificatifs: « fabuleux! », « monstrueux! »,  « magnifique! », « horrifique! »…  « C’ est une toile abstraite »  dit l’ un, « mais non, c’ est un portrait » dit le suivant

De ces deux passants, qui a raison, Les deux, bien sûr, car Laurent Dauptain sait faire cohabiter figure et abstraction, donnant une  « figure » à l’ abstrait, ou « abstractivant » la figure

Masques de peau étirés sur la toile, sans attaches, à peine parfois l’ esquisse d’ un coup, sans contour net, comme s’ ils ne se souciaient pas du cadre, mais emplissant pleinement la surface de la toile, comme pour au contraire en repousser les limites.
Les figures de Laurent Dauptain semblent vouloir échapper à leur propres formes, aucun cerne n’ en venant bloquer les contours.
Au second regard pourtant, cette idée disparaît, laissant apparaître son exact contraire: rien de lisse ni de figé, le pinceau semble fouiller la chair, faire abstraction de la surface opaque du visage, rendue comme transparente à force de la scruter.

Si Laurent Dauptain utilise cette même touche puissante, « violente », diront certains, lorsqu’ il peint paysages, natures mortes ou portraits (quoiqu’ il s’ attache plus, pour ces derniers à en traduire toute la profondeur), son travail aujourd’ hui semble se concentrer principalement sur l’ autoportrait.
Au delà du fait qu’ il tient là un sujet toujours disponible, sa démarche a ceci d’ étonnant qu’ elle lie intimement sa propre histoire à celle de son œuvre ( le peintre semble d’ ailleurs tenir à présenter ses toiles par ordre chronologique). Des portraits peints comme autant d’ instantanés de sa vie . Un découpage du temps, l’ évolution du traitement pictural se liant à l’ évolution de son visage


Cécile Gayrard avril 2000













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