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Laurent DAUPTAIN est né le 25 mars 1961. Diplômé de l'école des Beaux-Arts de Paris en 1981, des Arts Décoratifs en 1983, il obtient une maîtrise d'esthétique en 1984. Depuis 1981, il n'a cessé d'exposer et de recevoir des distinctions.
La revue "AZART"de septembre/octobre 2008 publie un important article sur les autoportraits de Laurent Dauptain.
Le numéro de "PRATIQUE DES ARTS" d'octobre / novembre 2008 lui consacre un reportage.
Le no 1 de la revue "VERNISSAGES" paru en juillet 2008 a également publié un papier sur Laurent Dauptain .
La revue "l'UNIVERS DES ARTS" no 138 (février 2009 ) consacre un article à l'exposition récente chez Claudine Legrand
IL expose en permanence
A la galerie Axelle Fine Arts de New-York. www.axelle.com
A la galerie Claudine Legrand 49, rue de Seine Paris 6e www.galerielegrand.com
A la galerie Pierrick Touchefeu 2, rue Marguerite Renaudin à Sceaux (Hauts de Seine) www.Pierricktouchefeu.com
A la galerie "Art du temps " à Cléon d'Andran dans la Drôme. www.artdutemps-drome.com.
A la galerie Patricia Oranin à Pont l'Abbé, en Bretagne www.galerie-patricia-oranin.com
A la galerie "Sens Intérieur" à Port Cogolin, dans le Var www.sensinterieur.com
A la galerie "Samedi" à Montfort l'Amaury (Yvelines)
"Un art de marathonien"
Par Jean-Pierre Ghesquière
Le genre picturale de l'autoportrait est exigeant pour de nombreuses et très compréhensibles raisons, surtout pour qui se pose, à ce sujet, les questions basiques de rapport à soi-même et, de soi-même (ou de son double portraituré) au spectateur. Exigeant, il l'est d'autant plus largement encore lorsque, comme Dauptain, on le pratique à temps complet. En effet, même si périodiquement il échappe à son obsessionnel face-à-face en brossant de vigoureux paysages, il y revient vite, comme happé par un secret mais inexorable besoin de se re-confronter à lui-même. Dès ses années d'études, Dauptain a toujours pratiqué l'autoportrait, allant jusqu'au nu en pied. C'est depuis qu'il s'est attelé à une traduction très surdimensionnée de son visage, que son art a pris un vrai tournant. En même temps que grandissaient les formats des autoportraits, se mettait en place une nouvelle technique picturale, où le modelé du visage n'était plus dû aux variations, même outrées autour du "ton local", mais où intervenait, de plus en plus acive, osée, inattendue quoique toujours efficace dans le rendu final, toute la palette du spectre, utilisée dans la plus belle diversité de ses rapports et de ses apports. C'est donc un éclatement de touches qui préside à l'apparition des traits du visage et qui formule la qualité du modelé. Dès lors oscillant sans cesse, dans une recherche expressive toujours tendue, entre une traduction approchant le formel et une abstractisation des traits parallèle à celle du traité pictural, Dauptain nous fait vivre (presque) au jour le jour la vision qu'il ressent ou subit de lui-même. Il nous la traduit avec un métier de peintre très abouti et maîtrisé, impeccable, au vrai sens du mot. La confrontation au reflet de miroir où achoppe le peintre pour se mesurer à son image, Dauptain l'a récemment fait évoluer en la soumettant au biais de photographies qu'il prend de lui-même en en organisant la mise en scène lumineuse. Ce média l'a incité à introduire le fond sombre dans ses autoportraits, le miroir ne lui refletant, comme ambiance que l'une ou l'autre partie de son atelier qui ne pouvait intéresser efficacement le climat des oeuvres. Cette manière "différée" de s'observer, outre qu'elle lui permet de fixer avec une attention accrue ses traits, lui a permis de faire évoluer son appréhension de lui-même. Alors que dans la neutralité des fonds clairs le visage s'évadait en s'estompant dans un vide; à présent il semble s'extraire d'un espace seulement envisagé mais existant, quoique non décrit. Ce qui lui donne une présence et une force nouvelle pour s'imposer dans le regard du spectateur. Il faut y ajouter que l'influence causée par ces fonds inspire aussi la variété des gammes de couleurs dans et par lesquelles les visages se retrouvent traités. Vieillissement progressif du peintre au cours des années, affinement des techniques et de la maîtrise picturale, amour du métier et pression de son expérience de vie, vont de pair pour offrir au regard de l'amateur des oeuvres solides, d'une grande complexité, qui jamais ne lassent son attention, sa curiosité et sa sympathie. L'art est motif à un dialogue constant entre un concepteur et son spectateur, Dauptain respecte remarquablement le contrat en ce qui le concerne.
octobre 2006
"Que voit-on dans un paysage urbain de Laurent Dauptain ?"
Par Jacques Rozenbaum
Ce qui frappe avant tout, c'est la lumière, forte sans être brutale, très vibrante dans les parties lumineuses du sujet, elle anime jusqu'aux zones d'ombres du tableau.
Ces ombres sont obtenues par l'application d'une matière fluide et transparente, tandis que les lumières naissent d'empâtements généreux. Dans les deux cas, on préssent que de nombreuses et patientes superpositions ont été nécessaires.
Ensuite, les touches très dynamiques, et très larges peuvent surprendre par leur apparente autonomie vis à vis des formes représentées, si bien qu'on est tenté de s'approcher du tableau, qui devient dès lors une oeuvre pouvant appartenir à l' « abstraction lyrique ». Mais en reprenant du recul le « réalisme » s'impose à nouveau et l'on se demande alors, par quelle magie ces deux tableaux coexistent.
Cette technique est aussi au service d'une utilisation très riche de la couleur. Souvent éclatante, elle baigne parfois tout le tableau. Dans d'autres cas, elle est placée par touches ponctuelles dans un contexte subtil de gris colorés. C'est ainsi qu'un rouge, un orange, un bleu, à la limite de la dissonance éclatent au détour d'un feu de signalisation, d'une lumière de projecteur, d'un panneau routier.
On admire aussi, l'utilisation agile de la construction de la "perspective linéaire" qui se conjugue à ce qu'on nomme "perspective atmosphérique " cette dernière, par la disposition de contrastes de valeurs de moins en moins marqués en fonction de l'éloignement, donne la sensation de profondeur.
Finalement, apparaît le sujet, routes, voie ferrés, villes qui sont le prétexte à ce plaisir de peindre . Il se dégage une impression d'étrangeté, à la limite du "surréel". L'ambiance est silencieuse, Le temps semble suspendu , pas une voiture ne roule et surtout curiosité suprême, jamais un être vivant n'est visible... Pourtant des traces de vie subsistent, comme si cette ville, cette route avaient été, pour des raisons qu'on ne peut que supposer, précipitamment abandonnées.
On est alors saisi par la distance entre les deux mondes de Laurent Dauptain, celui des paysages dont l'homme a été chassé, et celui des autoportraits qui ne nous parlent que de "l'humain" sans décor, sans contexte. Mais cette opposition n'est-t-elle pas qu'apparence?
décembre 2008
« Au sujet de Laurent Dauptain » par Jacques Rosenbaum
Ce qui fait la grande originalité de luvre de Laurent Dauptain, cest bien sûr la permanence de son sujet
Déjà dans sa jeunesse, avant même dentrer à lécole des Beaux-Arts, le peintre a trouvé son thème : lautoportrait. A cette époque, à cet âge, cette « auto-représentation » pouvait sinscrire dans une démarche ordinaire daffirmation de soi. Par sa constance au fil des années, Dauptain lui a donné une portée bien plus grande où il atteint luniversel.
En 1981 (il a vingt ans), dans sa première exposition intitulée « autoportraits », on pouvait voir un ensemble de peintures mettant en scène, de façon théâtrale, le jeune homme dans un atelier sombre (comme ceux des Hollandais) souvent pourvu des attributs, voire des attitudes de lartiste romantique. Il défiait le monde. Dans une autre salle, à létage, on découvrait un étonnant ensemble de douze dessins où Dauptain s était représenté, nu, en douze séquences, de ladolescence à la grande vieillesse. Il avait appelé ce travail « vieillissement ». Il ignorait probablement quil présentait là la tâche de toute une vie, qu il y traçait son destin de peintre
Car, en effet ce qui fait la force de l uvre de cet artiste, (elle s étale déjà sur plus de vingt-cinq ans) c est plus que pour tout autre son développement au long des années, au long dune vie. La maturation dun être humain sy confond avec celle dun travail de peintre. Ce que peint Dauptain, avec un dépouillement de plus en plus marqué, cest en effet le portrait dune existence. Il nous dit : « Je suis là, je suis vivant et je peins», stigmatisant et défiant ainsi la fragilité de la vie, sa destinée et finalement, notre destinée commune. Lart est ici, comme toujours, mais avec une force explicite, une adresse à la mort.
On est bien loin de toute démarche narcissique ou égocentrique
Cette répétition dun sujet toujours identique serait bien vaine si elle aboutissait a des tableaux semblables mais il n en est rien. Pourtant Dauptain ces dernières années a limité beaucoup les variantes en se représentant le plus souvent strictement de face et avec un cadrage très serré. Le résultat est une série dune variété surprenante qui nous fait découvrir que le nombre de versions dun même portrait est infini tout comme la génétique nous indique que le mariage de deux cellules donne un résultat toujours unique et donc impossible à reproduire exactement. Cela constitue sans doute un moteur pour lartiste et justifie ainsi, si cétait nécessaire, cet éternel recommencement.
Mais les grands artistes ne tentent pas de battre des records pas plus qu ils ne cherchent la nouveauté pour elle-même. Le travail de Dauptain senracine dans la nuit des temps. Le portrait existe depuis lapparition de lhumanité, depuis que le dessin ou la peinture existent. Les simples empreintes de mains trouvées sur les parois des grottes préhistoriques ne sont-ils pas en quelque sorte des autoportraits ?
On trouverait dans certaines uvres des post-impressionnistes, par exemple chez Vuillard ou chez Bonnard, des visages rendus par une traduction de la lumière, un traitement de la touche, qui peuvent faire penser à certains autoportraits récents de Dauptain. En appliquant des principes similaires sur des formats très importants - des « têtes » qui peuvent mesurer jusquà deux mètres de haut -, Laurent Dauptain a repris à son compte cette décomposition et recomposition de la forme par la lumière. Il a extrapolé cette approche par le changement déchelle qui loblige à trouver un nombre infini de nuances pour chaque centimètre carré de peau. Il creuse, fouille, fragmente et restitue finalement ce visage sans en citer les détails mais avec une profondeur et une vérité que la photo malgré sa précision, ne rend pas.
En effet apparaît sur la toile un enchevêtrement de formes, une subtile superposition de taches colorées tantôt grasses, tantôt fluides qui font le délice des amateurs de « belles matières », le régal de ceux qui sont sensibles au raffinement de la couleur. Le visage sen trouve «indéchiffrable» à proximité du tableau, daucuns y ont vu des paysages.
Une conséquence inattendue de cette permanence du modèle concerne la recherche incessante dune nouvelle manière. Ainsi, des variations sinsinuent dune uvre à lautre, dans la couleur, la lumière, la touche, ou encore le nombre ou lépaisseur des couches. Or, lhabitude est, chez la plupart des autres artistes, de faire varier leurs sujets mais peu leur manière.
Même si de prime abord, les autoportraits de Dauptain nous renvoient un visage, une observation prolongée nous révèle les jeux infinis de la peinture elle-même : beauté dun glacis, délicatesse dun frottis, effets aqueux comme dans une aquarelle
Cette richesse technique, Dauptain la met aussi au service d autres sujets comme le portrait, bien sûr mais aussi, et cest plus inattendu, les fleurs, parfois la nature morte et plus souvent, le paysage ( récemment beaucoup de marines). On y retrouve un même sens de la lumière et cette capacité à produire finalement une image très réaliste à partir de taches abstraites, en ne fondant pratiquement jamais les couleurs entre elles, lartiste se contentant de les superposer ou de les juxtaposer.
Depuis peu le visage a souvent disparu dans les autoportraits de Dauptain pour ne plus montrer qu un corps. Simple évolution après tant de têtes dépourvues de corps ou même de cou? Il faudra suivre le devenir de l uvre pour le déterminer.
Octobre 2004
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Laurent Dauptain
Au-delà de lopposition figuration/abstraction, déjà périmée par la continuité de la réflexion sur lart, nous en sommes à ladmission quasi unanime de la « Représentation » comme traduction des conflits entre lunivers intérieur de lhomme et la société, toujours à reconstruire. Cest dans le courant de la peinture de représentation, qui na cessé dêtre, traversant les modes plus ou moins éphémères, que se situe sans la moindre ambiguïté Laurent Dauptain, mais avec les atouts dune forte personnalité qui le démarque résolument de lexploitation de la simple imagerie de la vie. Quil prenne pour sujet : paysages urbains, natures mortes ou autoportraits, il n a dautre but que de représenter, par les moyens de lart, les rapports complexes entre lhomme quil est, la vie telle quil la ressent, et les valeurs et faiblesses de son environnement tant physique que socioculturel. Ce ne sont donc ni maisons, routes, ciels ou traits dun visage qui le préoccupent comme éléments figuratifs en soi. Il sagit dagencements de structures, perçus comme autant de vecteurs de représentation. Comme résumés conjugables du monde et de son monde. Configurations formelles complexes, où la technique, le dessin, la couleur et lagencement de la touche jouent les grands rôles. Ce, dans les limites ascétiques, anciennes mais toujours renouvelables, les deux dimensions de lespace pictural, quil soit constitué de papier, de toile ou de bois. Au-delà de lintérêt quil peut susciter par lui-même, le sujet nest jamais que prétexte à contenir, et à dire tout ce que le peintre ne peut exprimer que par son art. Surtout par ses autoportraits, Laurent Dauptain nous montre que, finalement, l artiste est le vrai sujet de son uvre, quelle que soit la manière quil choisisse pour se communiquer.
Jean-Pierre Ghesquière 1999
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Laurent dauptain Autoportraits image de lâme ( texte publié dans le numéro de mars / avril 2006 de Artension )
Si une caractéristique de lart du portrait est de sous-tendre et tenter de résoudre nombre de questions fondamentales sur lêtre; la pratique de lautoportrait crée une aire privilégiée pour les questions sur lâme. Questions que lartiste se pose sur lui- même, face à son miroir, et quil se voue à restituer par le truchement de valeurs plastiques et de moyens picturaux.
Le degré dexigence quengendre cet exercice peu commun, réclame que celui qui sy adonne ne se laisse pas piéger. Quil ne sombre pas dans une sotte et satisfaite contemplation de la seule surface physique de sa personne. Il réclame quil développe parallèlement des qualités dobjectivité mentale et de métier artistique, afin de communiquer le plus totalement possible le fond de ce quil ressent, sur le moment, dans lexercice de son acte de confrontation à lui-même.
Les applications les plus pertinentes du dessin seront peu de choses, si elles ne se voient pas assistées, exaltées même, par une réelle et constante vigilance sur les résolutions formelles alliées à l emploi de la couleur, propres à servir lunité de luvre, et capables de donner clairement à lire la diversité intime de lêtre, jusquen son âme Laurent Dauptain possède à un très haut et subtil degré, lensemble de ces qualités. Nous en reconnaissons facilement lempreinte dans chacun de ses autoportraits. Lendurance quil déploie, depuis le début de sa carrière, à se consacrer à ce genre pictural éprouvant, aurait de bonne raisons de nous laisser quelque peu pantois. Il est vrai que cet unique sujet détude courrait le risque de stériliser son art, sil n avait justement contribué à développer chez lui un souci constant de vérité et defficacité dans la traduction picturale. Si Dauptain navait, sans cesse, su remettre en question le sens de son approche de lui-même, avec suffisamment de distance et dintransigeante vérité. Attitude qui transforme les uvres quil produit en autant dunivers fortement individués qui restituent, avec probité, chacune des tentions psychologiques et spirituelles qui laniment au moment où il se peint.
Sil existe un cheminement artistique original, mais sans la moindre affectation de lêtre, cest bien le sien. Lensemble de ses autoportraits sassimile à un journal intime, dans lequel celui qui le tient aurait le courage de tout dire, sans fard.
Une si prégnante implication des subtiles et intimes réalités humaines dans un processus de création picturale, ne laisse pas de surprendre en regard de léquilibre que garde Dauptain. Des personnalités dégal talent, mais moins solidement structurées, encourraient certainement le risque dy laisser une part de leur raison.
Ce qui finalement sauve cette introspection, vécue au jour le jour, du naufrage, cest quelle se change en actes de peinture pure. Que cette mue conditionne des démarches fécondes de communication artistique.
En ce temps où trop peu de gens acceptent encore davoir le courage de se regarder en face, Laurent Dauptain se pose en témoin de lui-même, en autoportrait de son uvre, dans une parfaite harmonie et intelligence avec sa vocation de peintre.
Puisse la fréquentation de ses autoportraits nous induire à nous poser de saines questions sur la nature profonde et le rôle de lart dans la société d aujourdhui. Il ont la capacité dy répondre, et, mais accessoirement, de nous porter, individuellement comme collectivement, à nous mieux connaître et accepter tels que nous sommes.
Jean-Pierre Ghesquière texte pour lexposition personnelle à la galerie des St Pères Au printemps 2000
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Laurent Dauptain recommence inlassablement son autoportrait. Sa passion dans le miroir et sur la toile est de saisir lacte même de peindre, dans la tension fondatrice. Sa personne elle-même nest jamais quun modèle disponible et peu susceptible, emblème, pourquoi pas du genre humain. Sans souci du bien peint, il fait surgir ses traits à larges touches plates dans des coloris violemment expressionnistes, les arrachant aux jeux de la lumière plus quau dessin. Il se figure toujours dans la même position frontale, leffet de répétition laidant à dérober au réel ses plus infimes variations.
Béatrice COMTE, 2000, Le Figaro Magazine.
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« Je ne crée pas, je dérobe », affirme Dauptain, déclinant sans fin devant le miroir son autoportrait. Net et reconnaissable à distance, le visage se fait, de près, vibration lumineuse sur paysage abstrait.
Béatrice COMTE, 2000, Le Figaro Magazine.
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Laurent Dauptain Autoportraits, (exposition à la galerie des Saints-Pères)
C est une expérience insolite: accrocher une grande toile, un portrait de laurent Dauptain, de façon à ce quil soit visible de la rue, à travers la vitrine. Puis observer les passants Tous s arrêtent, regardent, comme interpellés. Mais les réactions divergent. Regards curieux, intéressés ou choqués, regards novices, avisés ou experts, regards absorbés par la toile toujours, jamais indifférents. Nous entendons ensuite fuser les commentaires et qualificatifs: « fabuleux! », « monstrueux! », « magnifique! », « horrifique! »
« C est une toile abstraite » dit l un, « mais non, c est un portrait » dit le suivant
De ces deux passants, qui a raison, Les deux, bien sûr, car Laurent Dauptain sait faire cohabiter figure et abstraction, donnant une « figure » à l abstrait, ou « abstractivant » la figure
Masques de peau étirés sur la toile, sans attaches, à peine parfois l esquisse d un coup, sans contour net, comme s ils ne se souciaient pas du cadre, mais emplissant pleinement la surface de la toile, comme pour au contraire en repousser les limites. Les figures de Laurent Dauptain semblent vouloir échapper à leur propres formes, aucun cerne n en venant bloquer les contours. Au second regard pourtant, cette idée disparaît, laissant apparaître son exact contraire: rien de lisse ni de figé, le pinceau semble fouiller la chair, faire abstraction de la surface opaque du visage, rendue comme transparente à force de la scruter.
Si Laurent Dauptain utilise cette même touche puissante, « violente », diront certains, lorsqu il peint paysages, natures mortes ou portraits (quoiqu il s attache plus, pour ces derniers à en traduire toute la profondeur), son travail aujourd hui semble se concentrer principalement sur l autoportrait. Au delà du fait qu il tient là un sujet toujours disponible, sa démarche a ceci d étonnant qu elle lie intimement sa propre histoire à celle de son uvre ( le peintre semble d ailleurs tenir à présenter ses toiles par ordre chronologique). Des portraits peints comme autant d instantanés de sa vie . Un découpage du temps, l évolution du traitement pictural se liant à l évolution de son visage
Cécile Gayrard avril 2000
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